Le temps de vivre

Le temps de vivre

J’entends souvent dire que dans ce monde où tout roule très vite, « on ne prend plus le temps de vivre ». Je pense qu’il y a du vrai là-dedans. À l’approche de la période des vacances, je vous soumets ces réflexions, quelque peu philosophiques.

Emmanuelle B Communications

Crédit photo : Ally Aubry https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/legalcode

J’ai écrit ce billet lors d’une nuit d’insomnie, alors que le doute m’empêchait de gagner les bras de Morphée. Le hamster se faisait aller si vite dans sa roue que je ne m’entendais même plus réfléchir! Je l’ai combattu tant que j’ai pu, essayé de le contenir, de le raisonner et de le faire taire. Jusqu’à ce que j’écoute enfin le conseil d’une amie (insomniaque, elle aussi — merci Marie-Hélène) qui m’a écrit: « vas donc faire le tour de la maison ». C’est ce que j’ai fait, le tour de ma maison. Une fois que j’ai ressenti le doute et que j’ai pris le temps de le vivre (plus facile à écrire qu’à faire), j’ai pu rentrer chez-moi et vous écrire.

Cette prise de conscience à propos des émotions m’est venue lorsque j’ai vécu l’épreuve la plus difficile de toute ma vie : la mort subite de mon père, qui n’avait que 61 ans. Sa disparition m’a plongé dans un tourbillon d’émotions jusque là inconnues. Je n’ai pas eu le choix de prendre un temps d’arrêt, incapable de refouler plus longtemps ma peine à l’intérieur pour continuer à fonctionner comme avant.

C’est un cas extrême bien sûr, mais avec l’aide de ma précieuse thérapeute, j’ai réalisé une chose importante : souvent, lorsqu’une émotion se pointe, notre premier réflexe est d’essayer de la repousser. Pour toutes sortes de bonnes raisons : parce qu’on doit poursuivre la conversation, sauver les apparences, ne pas paraître faible devant les autres, peut-être…

J’entends certains d’entre vous dire « je ne suis pas comme ça », mais je ne crois pas que l’expérience humaine soit si différente d’une personne à l’autre. Plusieurs d’entre nous craignent de vivre ce sentiment de jalousie, cet instant de colère ou cette peine immense, de peur d’être submergé. Mon expérience m’a appris que plus je repousse une émotion, plus elle prend le contrôle.

Prendre le temps de m’arrêter pour écouter ce qui se passe en dedans, pour consciemment le ressentir jusqu’au bout, c’est devenu pour moi un outil important. Et vous, prenez-vous assez de temps pour vivre vos émotions?…


Crédit photo : Ally Aubry (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/legalcode)

À propos de l'auteur / emmanuelle b

Communicatrice passionnée depuis plus de 15 ans, j'accompagne les entrepreneurs à bâtir une relation durable et authentique avec leur clientèle et leurs différents publics.

Derniers commentaires

  • Madeleine Lamarre
    23 janvier 2015 at 10 h 49 min Répondre

    Oh que oui, je prends le temps de vivre mes émotions. Elles sont mon guide, ma boussole.
    Mon ressenti est vraiment important et ne me trompe jamais.
    Pour être capable d’être à l’écoute de ses émotions, il faut d’abord prendre le temps de s’arrêter et malheureusement, même en 2015 trop peu de gens le font.

    Merci pour votre article.

    • emmanuelle b
      23 janvier 2015 at 11 h 11 min Répondre

      Merci à vous pour ce commentaire! En effet, on a plutôt l’impression de toujours courir après le temps. Comme si les 5 ou 10 minutes qu’on prend pour se connecter à soi allaient nous enlever du temps pour autre chose. Alors qu’au contraire, on y gagne, puisque toutes nos activités d’ensuite seront mieux « gérées ». Bonne journée et revenez me visiter!

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